Projet presque professionnel et un peu encadré
I/ Le Projet
Nous avons commencé par poser les mots "Trip-Hop". Courant électro principalement anglais des années 90, il s'agit d'une musique lente, plutôt minimale, élégante et sombre, toujours planante. Les sons y sont recherchés, et j'appréciais ce style musical pour son aspect expérimental. Toutefois l'approche d'un genre de musique est toujours très personnelle. Sur les sept musiciens que comptait notre groupe, l'idée que l'on se faisait du résultat final variait sûrement beaucoup. (D'ailleurs, la projection dans un résultat final est toujours une erreur et ne peut qu'être source de déception.) Mais nous avions confiance en notre effectif, nous avions la chance d'avoir une formation cohérente, composée de bons éléments, ouverts, et envieux d'explorer une esthétique personnelle. Enfin, je crois.
II/ Chaise musicale
L’intérêt personnel que j'y ai trouvé était la possibilité d'expérimenter la fusion de mes sons et bidouillages électroniques avec des instruments "réels", ou peut-être "théorisés". J'ai été recrutée au départ pour jouer du synthétiseur analogique, plutôt en tant que basse, et faire des bruitages, des grincements, des gribouillis dans les aigus.
Nous jouions de base sur des boucles rythmiques préprogrammées sur l'ordinateur de Karim. Celui-n'avait alors plus qu'à les lancer. Quelque peu ennuyé, Karim a décidé de jouer les basses. Alors naturellement, comme Karim me doublait et que cela n'avait pas de sens dans la répartition des fréquences, j'ai laissé la basse pour m'adonner aux sons seulement. Autre fait qui me turlupinait, les beats étaient trop propres, trop lisses. Très stéréotypés. Je me suis donc imposée (de façon tyrannique) aux rythmes. La programmation de rythmes peut être une piste très -très- impertinente si elle ne vise qu'à reproduire le pattern qu'un batteur réel pourrait jouer. Mais elle peut aussi devenir très -très- pertinente et il m'a semblé absolument nécéssaire de l'exploiter au mieux ! Je me suis donc appliquée à écrire en MIDI mes propres rythmes, basiques peut-êtres, mais j'y ai ajouté des effets sonores dits "glitch", des éléments déstructurants, de l'ordre de la défaillance, de l'erreur, du bug. Je serai bien incapable de les rejouer, mais j'ai pris beaucoup de plaisir à les créer, et aujourd'hui, je prends énormément de plaisir à les écouter. Et en un sens, c'est tout l'intérêt de la programmation : je dirais que si l'on ne peut pas rejouer le rythme que l'on a crée, c'est que l'on est sur la bonne voie. Donc, un premier glissement de rôle.
Puis à moins d'un mois de l'échéance, alors que le projet bloquait prodigieusement, des décisions furent prises, et j'ai glissé au chant. Les circonstances de ce glissement n'étaient pas vraiment joviales. Toutefois, le défi a relever était très excitant (je n'avais plus chanté en "public" depuis mes 17 ans). J'ai beaucoup travaillé la voix tout au long de cette année, techniquement. J'ai bien entendu des lacunes, puisque j'effectue ce travail en autodidacte, notamment au niveau du volume, et du passage de voix de poitrine à voix de tête. Mais il est temps : ce sont les situations de confrontation qui font progresser mieux que n'importe quel exercice. De plus les deux reprises que nous avons choisi me parlaient beaucoup, et me retrouver aux ambiances et au chant me permet de donner une plus grande ampleur à l'esthétique visée.
III/ Obstacles et mea culpa
Je n’oserai dire
que l’on a manqué de temps.
Pourtant, nous avons manqué de quelque chose. De
discipline, peut-être, envers l’un et l’autre, envers nous-même.
D’organisation. De diplomatie. Pour généraliser, sur
sept individus, les approches de la méthode, de la pratique, dissonaient. Nous n'étions pas synchronisés. Personne ne voulait prendre le rôle fatiguant de la tête. Pourtant il faut une tête. Un moment, la tête n’a réussi qu’à trainer la queue. Nous avons donc du couper la queue.
Car la musique est un travail, quotidien. Il a fallu insister longtemps pour que tout le monde s'y mette sérieusement (mais chacun ayant ses projets personnels à côté, et ces projets personnels étant naturellement plus important que l'exercice du PPE (quand même), on peut comprendre la difficulté de se retrouver en effectif complet, mentalement disponible, motivés).
Il y a eu un moment où les choses sont devenues longues, lentes. C'était un cercle vicieux : plus le projet traînait, plus nous nous ramollissions. Et plus nous nous ramollissions, plus le projet traînait.
«Les bonnes intentions ne suffisent pas» me disait-on à l'école d'Art (je ne comprenais pas pourquoi on me disait ça, mais maintenant j'ai compris). La forme ne va pas de soi. Il est même absolument absurde de
l’imaginer comme «allant de soi» : comme si elle était une
sorte d’entité autonome et dotée de l’intention de venir se poser sur vous
comme une pluie de paillettes d’or.
Aussi, la forme nécessite des sacrifices. Comme
celui de ne pas jouer en permanence pour rendre les arrangements lisibles (surtout à sept). Nous devons absolument comprendre, et accepter, que
nous sommes là pour servir la musique, de faire les concessions nécessaires
pour l’embellir, l’anoblir, la rendre digne d’elle-même (c’est ultra pompeux). Puis, il s'agit de respecter les artistes que nous reprenons aussi. Je suis un peu superstitieuse, je trouve ça important.
Problème de discipline puisque que
bizarrement, il semble nécessaire de remémorer et même d’imposer des règles de base,
absolument de base. Comme celle de ne pas jouer entre les morceaux (tous en
même temps), pendant que l’on parle (tous en même temps), puis pendant que chacun
teste son son (tous en même temps), gratouille, bidouille, bassouille. Cela donne
en effet des sessions peu, très peu, très très peu efficaces (on en vient à
hausser le ton pour avoir le silence, ce qui est très désagréable puisque cela
amène un sentiment de tension pour tous, et écarte peu à peu, inévitablement
toute possibilité de prendre du plaisir ensemble, et c’est dommage, et c’est
une fissure qui ne se répare pas). Puis on perd du capital auditif. C’est usant
littéralement, aussi bien physiquement que mentalement.
C'est à peu près un mois avant le concert que j'ai commencé à prendre du plaisir à jouer avec ce groupe. Peut-être parce que j'ai repris le chant, et que l'esthétique me plaisait mieux - on peut voir ça comme de l'égoisme. Mais je dirais plutôt que :
Je prends la musique trop à coeur. C'est une quête vers un paradigme personnel. Faire naitre des sons harmonieux, convenus, pour le plaisir physique et psychique de jouer ne me suffit/suffisait pas (j'ai commencé à y prendre goût récemment,un peu). Lorsque nous avons fait ce brainstorming (pourquoi fait-on de la musique ?), en cours, j'avais répondu "créer". Créer n'est pas émettre ni retransmettre un message. Créer c'est faire naître, donner corps, donner vie à quelque chose d'intérieur, de personnel, comme on ferait naitre un enfant : une graine, germe, se transforme, et ce qui en sort, fragile à priori, se transforme en quelque chose qui nous ressemble : c'est un peu de nous.C'est parfois un problème. C'est sérieux. Il y a l'idée de se faire naître soi-même. Je rigole peu, en répétition, en général. Je m'énerve. J'devrais péter un coup une fois.
V/ Le concert
Outre l'organisation (que nous avons évoqué à l'oral, et qui en conclusion, s'est très bien déroulée), je ne sais pas si je dois être satisfaite, ou frustrée par notre performance. Je suis un peu des deux. Nous avons fait une répétition qui sonnait mieux que ce que nous avons présenté lors de la restitution, donc, nous en étions capable. Je ne veux pas évaluer mes collègues. Personnellement, je pense être un peu lucide vis à vis de mes failles. Comme dit plus haut, ma capacité à chanter n'est pas très développée, et je n'ai jamais eu de facilité, comme certains, à user de ma voix. Cependant, je tiens à rester bienveillante par rapport à ma performance : le stress n'a pas aidé, la justesse, bon, et j'ai eu du mal à mettre l'intention que j'aurai voulu y mettre, et que j'y ai déjà mis en répétition. En tous les cas, toutes ces choses s'améliorent, et le progrès est possible. J'ai reçu des retours positifs auxquels je ne m'attendais pas, et il m'en faut peu, mais il en découle un shot de confiance et de détermination qui m'alimentera longtemps. La confrontation est la clé !
L'usage des machines s'est faite sans défaillance majeure. La sonorisation était compliquée (nous aurions d'ailleurs pu y prendre un peu plus de temps...).
Pour revenir sur les éléments dont nous avons parlé, un peu, sur vos impressions, j'aimerai développer ces quelques points.
L'usage de la machine :
Nous avons décidé, dès le début, de ne pas engager de batteur. Je désirais vraiment travailler sur des backtracks. C'est une pratique que je tiens à défendre. Ce n'est pas facile, car la machine n'étant pas humaine, l'erreur n'est pas rattrapable (nous en avons d'ailleurs subi les consequences, mais c'est le jeu). J'aurai voulu déstructurer plus le rythme, garder le 4/4, mais le rendre moins évident. J'ai du revoir mes ambitions à la baisse car tout le monde ne suivait pas.
De plus, si le rythme était défini de base, j'influais sur le son, les effets. Et comme dit plus haut, j'ai pris beaucoup de plaisir à les créer en amont, j'y ai passé beaucoup de temps (c'était comme mes petits bébés). Nous étions en quelque sorte soumis à la machine, certes, mais c'est une expérience enrichissante. Cela nécessite une écoute absolue, une rigueur intransigeante. Cependant, je respecte au plus haut point les musiciens capables de reproduire un rythme complexe aussi bien qu'une machine le ferait.
Aussi, je pense que l'idée que nous pouvons nous faire de la machine impliquant la perfection, excluant l'erreur, est erronée. La machine parfaite, irréprochable, est une idéalisation du XXe siècle. Aujourd'hui, nous réalisons que la machine peut aussi faire des erreurs. Elle peut buguer, dérailler, devenir folle, incontrôlable, elle n'est pas forcément un compagnon absolument fiable. En un sens, cette vision "réhumanise" la machine. Je trouve l'idée de jouer avec cette imperfection, avec ce potentiel d'erreur, souvent imprévisible, jamais annoncée, intéressante.
Je tiens à dire aussi que j'ai beaucoup improvisé, notamment sur la voix et les sons synthétiques, les textures, en influant directement sur les effets via mon contrôleur. Si le logiciel m'a permis de masquer les imperfections de la voix (j'invoquais le delay parfois pour noyer les fausses notes, je l'avoue), il m'a aussi permis de l'enrichir, de jouer. J'ai pu, à moindre coût (puisque j'ai piraté tous les logiciels que je possède) faire ce que je n'aurai pu faire à l'aide de pédales d'effets.
Enfin, pour revenir aux sources des instruments électroniques, il faut selon moi garder en mémoire que l'origine de leur succès vient du fait qu'ils ont permis à un grand nombre de potentiels musiciens de créer, de percer, d'innover (parfois malgré eux), puisque la machine n'impliquait pas la virtuosité, ni la connaissance de quelque notion musicale que ce soit : une oreille, une intuition, suffisait. Il s'agissait d'ouvrir la création à tous, et le rap original, celui des ghettos du Bronx, est la conséquence directe de cette démocratisation que l'on peu accepter ou refuser (certains musiciens ont un peu les boules que n'importe quel nigaud puisse créer alors qu'eux ont subit 12 ans de conservatoire).
Etant autodidacte, et plutôt fauchée, je ne complexe plus vraiment sur l'utilisation que j'ai de la machine : je l'utilise car elle m'est nécéssaire, et je m'appuie sur elle pour progresser. J'apprends aussi à l'apprivoiser, afin d'équilibrer le rapport "programmation/action".
La présentation
Déjà, je devais avoir un costume de Stitch, et il n'est jamais arrivé, et rien que pour ça j'ai les nerfs, parce que ça m'a couté une blinde et j'ai mangé des pates pour compenser.
Non, sérieusement. Nous nous sommes installés trop vite. Nous nous sommes pressés inutilement. L'un de nous était à la bourre, alors nous n'avons commencé les balances qu'à 14h20 (j'aurai été d'avis de commencer sans lui mais on ne l'a pas fait et je ne sais pas pourquoi). C'est ainsi que nous avons atterri en ligne. Cela aurait pu être une position interessante si nous l'avions fait exprès. Personnellement, j'aimais bien l'idée d'être, en tant que chanteuse, tout à gauche, à l'extrémité. Anticonformiste que je suis, les codes genre "la chanteuse au milieu le batteur dans le fond, le bassiste à la cave, ne me plaît pas trop. Mais ici nous avons plutôt subi cette configuration. J'aurais voulu, à certains moment, indiquer à mes collègues qu'il avaient renversé le rythme. Bon.
C'est toutefois quelque chose dont je suis plutôt consciente et que je ne reproduirai plus.
Comme le fait de ne pas être assez présents, de ne pas être là, dans le côté "représentation". Me concernant, il y avait beaucoup de stress. C'est quelque chose que je dépasserai avec plus de confiance en moi. Si nous devions rejouer demain, je suis sûre que l'évolution serait déjà remarquable.
Toutefois, prendre la parole, échanger avec le public, n'est pas quelque chose d'essentiel selon moi. Il y a des groupes qui ne le font pas, et ça ne me gêne pas, au contraire. Je n'aime pas vraiment qu'on cesse la musique pour raconter une histoire, ou faire une blague, ou papoter. Idéalement j'aime les transition. Parfois, je n'aime pas les applaudissements. Je ne sais pas si les gens applaudissent par politesse ou par satisfaction. J'avoue que cela me fait plaisir. Mais rien n'empêche d'applaudir pendant la transition, sans casser le flow. Enfin, c'est superficiel. Mais ce que je voulais dire, en bref, c'est que le "mutisme" ou l'interaction minimale une esthétique comme une autre et peut être un choix.
VI/ Enrichissement personnel
Choix ésthétiques : les éléments de ce paradigme personnel
I/ Electronique
J'ai commencé la musique électronique vers l'âge de 17ans, lorsque j'ai quitté mon groupe de rock (je n'arrivai pas à expliquer à mon équipe la musique alternative que je commençais à écouter à l'époque, donc mes nouvelles inspirations : cela leur semblait juste bizarre). J'ai rejoint un groupe en temps que "percussionniste" (je jouais du tom basse). Le groupe élaborait une sorte de pop lumineuse, et s'assistait pour les enregistrements comme pour la scène, d'ordinateurs et de logiciels, de cartes sons, de connexions en MIDI. Je ne comprenais pas vraiment le fonctionnement de tout ça. Mais en temps que "tom basse" je devais me calquer parfaitement sur les rythmes des backtracks diffusés sur les enceintes, et c'était vraiment difficile (ne me sentant pas à la hauteur, j'ai du rapidement quitter le groupe).
C'est lorsque je me suis retrouvée (musicalement) seule que j'ai vraiment commencer à user de logiciels comme Ableton Live. C'est ainsi que j'ai continué à composer. J'ai commencé par faire des trucs vraiment bidons, plutôt Bachéens dans l'esprit : je superposais les pistes, encore et encore, dans des harmonies très convenues. Disons que je me faisais la main.
Bien plus tard (durant le processus de ma sortie des beaux-arts/libération) que j'ai commencé à saisir les possibilités qui s'offraient à moi, que l'électro-trash, la noise-math-rock n'était pas les seules musiques respectables, que la musique expérimentale n'était pas une religion dont la divinité serait Phil Niblock. Que la musique pop n'était pas un crime contre la musicalité. (C'est la prison beaux-arts)
Tout en gardant une trace de ce passage par ces courants, je me suis mise en tête l'obsession de concilier à l'avenir expérimentations bruitistes et easy-listening.
J'ai commencé la musique électronique vers l'âge de 17ans, lorsque j'ai quitté mon groupe de rock (je n'arrivai pas à expliquer à mon équipe la musique alternative que je commençais à écouter à l'époque, donc mes nouvelles inspirations : cela leur semblait juste bizarre). J'ai rejoint un groupe en temps que "percussionniste" (je jouais du tom basse). Le groupe élaborait une sorte de pop lumineuse, et s'assistait pour les enregistrements comme pour la scène, d'ordinateurs et de logiciels, de cartes sons, de connexions en MIDI. Je ne comprenais pas vraiment le fonctionnement de tout ça. Mais en temps que "tom basse" je devais me calquer parfaitement sur les rythmes des backtracks diffusés sur les enceintes, et c'était vraiment difficile (ne me sentant pas à la hauteur, j'ai du rapidement quitter le groupe).
C'est lorsque je me suis retrouvée (musicalement) seule que j'ai vraiment commencer à user de logiciels comme Ableton Live. C'est ainsi que j'ai continué à composer. J'ai commencé par faire des trucs vraiment bidons, plutôt Bachéens dans l'esprit : je superposais les pistes, encore et encore, dans des harmonies très convenues. Disons que je me faisais la main.
Bien plus tard (durant le processus de ma sortie des beaux-arts/libération) que j'ai commencé à saisir les possibilités qui s'offraient à moi, que l'électro-trash, la noise-math-rock n'était pas les seules musiques respectables, que la musique expérimentale n'était pas une religion dont la divinité serait Phil Niblock. Que la musique pop n'était pas un crime contre la musicalité. (C'est la prison beaux-arts)
Tout en gardant une trace de ce passage par ces courants, je me suis mise en tête l'obsession de concilier à l'avenir expérimentations bruitistes et easy-listening.
J'ai commencé à explorer les sons. J'ai acquis un petit synthétiseur analogique. J'ai bruité. Et j'ai recommencé à chanter. J'ai appris en cours d'écriture d'autres harmonies. L'électronique est une source infinie de sons nouveaux. Elle permet d'intégrer un peu de chaos dans un univers très réglé. Le jeu des sons induit une myriade de sensations auditives nouvelles, les fréquences accessible ont la capacité de créer des illusions physiques. La musique assistée par ordinateur est pertinente du moment qu'elle reste de l'ordre de "l'assistanat".
Ce morceau illustre une certaine idée que je me fais de l'alliance de la pop et de l'experimental. Radiohead réussit ici, selon moi, à mêler à la perfection harmonies riches (empruntées au musicien-chercheur Paul Lansky - le titre original est Mild und Leise). Les beats sont profonds, déstructurés. La voix de Thom Yorke, reconnaissable entre mille, ramène à ce côté pop, rock, ramène l'organique, l'imperfection nécéssaire à l'humanité.
II/ Beatmaking
Si l'harmonie est aujourd'hui conquise (les systèmes étant posés, les gammes étrangères acceptées, le microtonal plus ou moins exploré), le rythme est un territoire à explorer.
III/ Voix
IV/ Ambiances et bruits
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